Gestion chirurgicale de l’uvéite récurrente équine
Traitement de l’uvéite récurrente équine (URE)
L’uvéite récurrente équine (URE), aussi appelée maladie de la lune, est la cause la plus fréquente de cécité chez le cheval.
Elle se manifeste par des crises inflammatoires répétées à l’intérieur de l’œil, entraînant progressivement :
- cataracte,
- glaucome secondaire,
- décollement de rétine,
- douleur chronique et perte de vision.
Implant suprachoroïdal de ciclosporine dans l’uvéite récurrente équine
L’uvéite récurrente équine (URE) est la première cause de cécité chez le cheval. Sans prise en charge adaptée, plus de la moitié des chevaux atteints perdent tout ou partie de leur vision au cours de l’évolution de la maladie.
Lorsque les traitements médicaux classiques (collyres, injections répétées) ne suffisent plus à contrôler les rechutes, la mise en place d’un implant suprachoroïdal de ciclosporine est une option chirurgicale pour stabiliser l’inflammation et préserver la vision.
Objectif de l’implant
L’implant suprachoroïdal de ciclosporine est un dispositif inséré sous la sclère, au contact de l’espace suprachoroïdien, qui libère localement la ciclosporine pendant plusieurs années.
Ses objectifs :
- réduire significativement la fréquence et l’intensité des crises d’uvéite,
- préserver la transparence des milieux oculaires (cristallin, vitré, rétine),
- maintenir une vision fonctionnelle sur le long terme,
- limiter l’usage chronique de traitements locaux.
Les études montrent que, après implantation :
- environ 78–80 % des yeux restent visuels au dernier suivi (13 à 85 mois, moyenne ≈ 29 mois),
- la fréquence des crises est fortement diminuée (≈ 0,09 épisode d’uvéite par mois).
- L’effet de l’implant tend à diminuer après 3–4 ans, et une réimplantation peut être nécessaire.
Déroulement de la chirurgie
- Chirurgie réalisée sous anesthésie générale, en clinique.
- Incision sclérale profonde en région péri-équatoriale.
- Mise en place de l’implant de ciclosporine dans l’espace suprachoroïdal.
Hospitalisation de courte durée.
La plupart des chevaux récupèrent rapidement, avec un inconfort post-opératoire modéré.
Critères de sélection des cas
L’implant est indiqué chez des chevaux :
- présentant une uvéite récurrente (2–3 épisodes ou plus),
- encore visuels au moment du diagnostic,
- ne présentant pas de glaucome établi ni de cataracte totale,
- ayant répondu au moins transitoirement aux traitements médicaux classiques. (MDPI)
Une évaluation ophtalmologique complète est indispensable (lampe à fente, fond d’œil, mesure de pression intraoculaire, échographie oculaire si nécessaire).
Résultats, pronostic et complications
Les études de suivi à long terme rapportent :
- ≈ 78,8 % des yeux visuels au dernier contrôle après implantation,
- une nette diminution de la fréquence des crises d’uvéite,
- une réduction globale du risque de cécité par rapport aux chevaux ERU non opérés.
Les principales causes de perte de vision malgré l’implant sont :
- persistance ou reprise des épisodes d’uvéite après épuisement de l’implant,
- glaucome secondaire,
- cataracte mature,
- décollement rétinien.
Le pronostic visuel reste donc nettement meilleur que sans chirurgie, mais pas absolu, ce qui doit être clairement expliqué aux propriétaires.
Alternative : injection intravitréenne de gentamicine faiblement dosée
Une autre option de traitement chirurgical de l’uvéite chronique est l’injection intravitréenne de gentamicine à faible dose (généralement 4–6 mg), réalisée sous sédation et anesthésie locale.
Les objectifs :
- détruire en partie l’épithélium ciliaire et/ou moduler la réponse inflammatoire intraoculaire,
- réduire la production d’humeur aqueuse et l’inflammation,
- obtenir un œil « silencieux » avec moins ou plus du tout de crises.
Les études récentes montrent :
- une réponse favorable (inflammation contrôlée) dans environ 40–70 % des yeux selon les séries,
- une proportion non négligeable de complications :
- dégénérescence rétinienne (≈ 20–25 % dans certaines séries),
- cataracte,
- hypotension oculaire,
- besoin d’énucléation en cas d’échec ou de complications (glaucome, ulcères, minéralisation cornéennes)
Cette technique peut donc :
- être intéressante chez des chevaux pour lesquels les autres options (traitement médical, implant) ne sont pas réalisables,
- mais elle reste associée à un risque visuel plus important que l’implant de ciclosporine.
En pratique clinique
- Implant suprachoroïdal de ciclosporine
- meilleur niveau de preuve pour la préservation de la vision,
- réduction significative de la fréquence des crises,
- durée d’action moyenne : 3–4 ans.
- Budget : €€€
- Injection intravitréenne de gentamicine faiblement dosée
- option alternative ou de dernier recours,
- permet souvent de contrôler l’inflammation,
- mais au prix d’un risque plus élevé de complications rétiniennes et de perte visuelle.
- Budget : €

Mise en place d’un implant supra-choroïdal sous anesthésie générale