LES KERATITES DYSIMMUNITAIRES DU CHEVAL (ou IMMK, “IMmune-Mediated Keratitis“)

Les kératites dysimmunitaires du cheval sont des inflammations cornéennes d’origine immunitaire, c’est-à-dire liées à une réaction inappropriée du système immunitaire contre les structures de la cornée. Elles constituent une affection relativement fréquente et souvent chronique dans cette espèce. Contrairement aux kératites infectieuses, elles ne s’accompagnent généralement pas d’ulcère, ce qui les rend parfois moins évidentes à détecter dans les premiers stades.

Présentation clinique
Les kératites dysimmunitaires peuvent toucher différentes couches de la cornée, donnant lieu à plusieurs formes cliniques :

  • kératite épithéliale dysimmunitaire,
  • kératite stromale dysimmunitaire,
  • kératite endothéliale dysimmunitaire.

Les signes cliniques typiques incluent :

  • une plage opalescente ou blanchâtre sur la cornée,
  • une gêne oculaire (clignement, larmoiement),
  • une douleur généralement modérée,
  • parfois une néovascularisation cornéenne secondaire.

La localisation et l’aspect de la lésion permettent d’orienter le diagnostic, complété au besoin par une analyse cytologique ou histologique.

Diagnostic
Le diagnostic repose principalement sur :

  • l’examen ophtalmologique complet,
  • la localisation de l’opacité,
  • l’absence d’ulcère à la fluorescéine,
  • l’exclusion d’une cause infectieuse (bactérienne ou fongique),
  • l’évolution dans le temps.

L’endothélite immunitaire (atteinte endothéliale) se reconnaît particulièrement par un œdème cornéen diffus avec un aspect en « nappage » opalescent.

Traitement médical
Le traitement consiste en une thérapeutique immunosuppressive locale, généralement basée sur :

  • les corticoïdes en collyre,
  • la ciclosporine topique.

La durée du traitement est longue, souvent plusieurs semaines à plusieurs mois, et les récidives sont fréquentes si la thérapie est interrompue trop tôt.
Cependant, l’administration répétée de collyres est souvent difficile chez le cheval, ce qui peut compromettre l’efficacité du traitement.

Implants de ciclosporine à libération prolongée
Pour pallier cette difficulté, des implants de ciclosporine à libération prolongée ont été développés et largement documentés dans la littérature scientifique. Ces implants permettent une délivrance locale soutenue du médicament pendant 12 à 18 mois.

L’implantation se fait :

  • sous anesthésie locale,
  • chez un cheval debout et sédaté,
  • à l’aide d’un matériel de grossissement (casque opératoire) pour une précision optimale.

Les résultats sont bons pour :

  • la kératite épithéliale dysimmunitaire,
  • la kératite endothéliale dysimmunitaire.

En revanche, la kératite stromale récurrente répond moins bien à ce traitement, ce qui correspond aux données les plus récentes : cette forme présente un comportement plus agressif, une tendance à la récidive et nécessite souvent une gestion plus complexe.

Pronostic
Le pronostic est généralement bon lorsque la maladie est diagnostiquée tôt et traitée de manière adaptée. Les implants de ciclosporine permettent une stabilisation durable dans la majorité des formes, améliorant fortement la qualité de vie du cheval et limitant les récidives.

Notre expertise
Au Cabinet d’Ophtalmologie Vétérinaire de Walhain, dans le Brabant wallon (Belgique), nous diagnostiquons et prenons en charge l’ensemble des kératites dysimmunitaires du cheval. Nous réalisons la pose d’implants de ciclosporine sous anesthésie locale pour offrir un traitement efficace à long terme, tout en minimisant la contrainte liée aux collyres quotidiens. Notre expérience dans ce domaine nous permet de proposer une prise en charge personnalisée adaptée au type de kératite et à l’évolution clinique de chaque cheval.