L’atrophie rétinienne progressive (ARP) chez le chat
L’atrophie rétinienne progressive (ARP) est une affection dégénérative rare chez le chat, mais particulièrement grave. Elle se caractérise par une destruction progressive et irréversible des photorécepteurs de la rétine, menant à une perte complète de la vision. Bien qu’elle soit moins fréquente que chez le chien, l’ARP existe bel et bien chez le chat et doit être connue des éleveurs comme des propriétaires.
Origine génétique et races prédisposées
L’ARP est une maladie héréditaire, liée à au moins deux mutations génétiques identifiées dans l’espèce féline. Les races les plus touchées sont :
- l’Abyssin,
- le Somali,
- le Siamois.
Des cas ont également été rapportés chez des chats Européens ou croisés, sans qu’un mode d’hérédité clair ait pu être établi. Cela suggère la possibilité de mutations encore non identifiées dans la population générale.
Évolution de la maladie
L’ARP débute généralement chez le chat jeune, entre 1 et 2 ans, et évolue lentement mais inexorablement vers une cécité totale.
L’évolution typique est la suivante :
- dégénérescence progressive des photorécepteurs,
- altération croissante de la vision nocturne,
- extension à la vision diurne,
- atrophie rétinienne complète en 2 à 4 ans.
Lorsque l’atrophie est installée, il n’existe malheureusement plus de possibilité de restaurer la vision.
Signes cliniques
Les propriétaires observent souvent :
- un chat plus hésitant dans l’obscurité,
- des difficultés à se déplacer dans les environnements peu éclairés,
- des pupilles très dilatées,
- une absence de réaction pupillaire normale à la lumière,
- un fond d’œil brillant, avec vaisseaux rétiniens affinés ou atrophiés.
Ces signes évoluent progressivement jusqu’à la cécité.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur :
- l’examen du fond d’œil, révélant l’amincissement des vaisseaux et l’hyperréflectivité du tapis,
- l’électrorétinogramme (ERG), qui permet de confirmer la perte de fonction des photorécepteurs (réponse abolies ou fortement diminuées),
- éventuellement un test génétique pour les races disposant d’un dépistage fiable.
L’ERG reste l’examen de référence pour confirmer le diagnostic.
Traitement et pronostic
Il n’existe aucun traitement permettant de stopper ou ralentir la progression de l’ARP chez le chat.
Le pronostic visuel est donc réservé à long terme, avec l’évolution vers une cécité complète. Cependant, les chats aveugles s’adaptent généralement très bien grâce à leurs autres sens. Des aménagements simples de l’environnement permettent de leur offrir une excellente qualité de vie.
Notre expertise
Au Cabinet d’Ophtalmologie Vétérinaire de Walhain, dans le Brabant wallon (Belgique), nous réalisons le diagnostic complet des dégénérescences rétiniennes, notamment l’électrorétinogramme (ERG) indispensable à la confirmation de l’atrophie rétinienne progressive. Nous accompagnons également les propriétaires pour optimiser l’environnement du chat et maintenir son confort au quotidien.