Chirurgie de l’entropion chez le chat

L’entropion correspond à un enroulement anormal du bord de la paupière vers l’intérieur, ce qui entraîne un contact permanent des poils et/ou des cils avec la cornée. Cette friction provoque une irritation oculaire douloureuse, pouvant évoluer vers un larmoiement chronique, une kératite ou même un ulcère cornéen si l’affection n’est pas traitée rapidement. Chez le chat, l’entropion peut entraîner :

  • blépharospasme (œil fermé),
  • larmoiement,
  • kératite,
  • ulcères cornéens,
  • douleur chronique.

Deux formes principales sont rencontrées chez le chat :

  • Entropion inféro-latéral → le plus fréquent chez le chat
  • Entropion inféro-médial → souvent associé à un larmoiement chronique, sans signes de douleur associés.

Certaines races sont prédisposées du fait de leur morphologie faciale :

  • Maine Coon, Norvégien : paupières longues et joues marquées
  • British Shorthair, Persan, Exotic Shorthair : brachycéphalie → anomalies du drainage lacrymal

De plus, l’entropion félin peut être secondaire à un pathologie oculaire chronique, notamment l’infection par l’herpèsvirus félin (FHV-1).

Déroulement de la chirurgie

La technique est choisie selon la localisation et la conformation du chat :

Type d’entropion Races concernées Technique de référence Particularités
Inféro-latéral (le plus courant) Tous les chats, Maine Coon et grands félins en particulier Hotz-Celsus Parfois canthoplastie ou raccourcissement palpébral si joues volumineuses
Inféro-médial Surtout races brachycéphales (British, Persan) Résection en triangle Vérification et restauration du drainage lacrymal (points lacrymaux)

La chirurgie est réalisée en ambulatoire, sous anesthésie générale, avec matériel de grossissement pour une précision optimale et une protection cornéenne.

Un examen complet des voies lacrymales est systématiquement réalisé pour les entropions médiaux.

Post-opératoire

  • collyre ou crème antibiotique,
  • analgésie orale,
  • collerette obligatoire pour empêcher les frottements,
  • contrôle à 10–15 jours ( vérification de la cicatrisation et retrait des fils si nécessaire).

Une lubrification régulière (larmes artificielles) peut être poursuivie dans les cas de kératite chronique.

Taux de succès

Les publications récentes montrent :

  • 80 à 95 % de bons résultats après un seul temps chirurgical,
  • Meilleure réussite lorsque l’inflammation cornéenne ou les complications liées à l’herpèsvirus sont pris en charge simultanément.

Complications et récidives

  • sous-correction nécessitant une réintervention chirurgicale : 10–15 %,
  • récidive plus probable en cas de maladie cornéenne persistante (kératite herpétique),
  • chez les races brachycéphales, la morphologie faciale empêche souvent de restaurer totalement la perméabilité des voies lacrymales, même après correction chirurgicale.

Notre expertise

Au Cabinet d’Ophtalmologie Vétérinaire de Walhain (Brabant wallon, Belgique), nous adaptons la technique chirurgicale à la morphologie spécifique de chaque chat, en particulier :

  • races brachycéphales (drainage lacrymal évalué systématiquement),
  • races à joues marquées (canthoplastie latérale si nécessaire),
  • cas secondaires à herpèsvirus félin (traitement médical associé).

Notre objectif : préserver durablement la vision et le confort oculaire de votre chat.

Avant l’intervention 

Aspect post-opératoire immédiat

Après retrait des fils